L'économisme

   L'économisme

"L'isme" a mauvaise réputation. Il exprime d'une part l'esprit de système, vision finie et cohérente de la réalité où la notion de totalité risque toujours de glisser vers le totalitar(isme), et d'autre part, il a un parfum d'idéologie où l'intégrité qui fonde originellement celle-ci peut se muer en intégr(isme). Parler d'économisme c'est donc bien marquer une défiance vis-à-vis d'une pensée à la fois systématique, dogmatique et impérialiste.

   Glissement surprenant pour une réflexion (l'économie) qui, à l'origine, n'a aucune finalité politique, sociale ou éthique et qui est par essence rationnelle (Durkheim faisait de l'économique la matrice de toutes les sciences sociales du fait de sa neutralité rationnelle, condition sine qua non de toute scientificité). Avant donc de pointer les caractéristiques de l'économisme, il serait intéressant de comprendre comment cette évolution s'est opérée. On peut, par souci pédagogique, étudier ce phénomène sous deux éclairages : le passage de la rationalité à la pensée "théologique" et l'expansion d'une technique spécialisée à une science totalisante.

 

I - Les étapes de l'économisme

 

A - De "l'économie politique" à la "science économique» ; la marche vers l'abstraction.

 

1 - La déclaration d'autonomie

Dans les sociétés traditionnelles (jusqu'au capitalisme industriel) on ne parle pas d'économie. Produire et consommer sont affaire de gestion domestique (oïkonomos en Grec signifie gestion de la maison) et n'obéissent à aucune règle spécifique. Bien au contraire, les règles morales, religieuses et esthétiques s'imposent dans le champ économique (techniques de production, nature des objets, prix, organisation du travail.…) comme à n'importe quelle activité sociale. Il n'est donc pas question de considérer qu'il y a des lois économiques. D'autre part, la production étant "réservée" aux classes inférieures, elle est hors de toute préoccupation intellectuelle.

Exception : le marché. En marge de la société féodale (Noblesse - Clergé - Paysans) se développent de manière autonome les grandes villes (essentiellement des ports) spécialisées dans le négoce où l'échange marchand n'obéit qu'à ses propres lois et où les valeurs sont instables. Lieu de marge et de désordre (foire, bazar, souk, sont synonymes de désordre) le marché se développe hors de la structure sociale générale et la bourgeoisie invente ses propres règles collectives ; le Protestantisme la dotera même de sa propre religion, particulièrement adaptée à ses principes socioprofessionnels.

La conjugaison de la montée en puissance de la Bourgeoisie et de la naissance de la grande industrie va révolutionner le champ économique et faire naître la pensée économique.

- D'une part, la production sort du domaine domestique et devient une activité "publique” : l'entreprise capitaliste est un lieu public regroupant une main d'œuvre "libérée" (salariat), qui donc "dédomestique" le monde du travail et le "politise" (luttes sociales, syndicalisme, visions de nouvelles sociétés : socialisme, communisme, anarchisme, coopératisme…).

- D'autre part, les lois du marché deviennent les règles de fonctionnement des activités économiques, et par extension de la plupart des activités sociales. Le champ économique échappe aux règles sociales générales, donc s'autonomise et finira par imposer ses règles à l'ensemble de la société.

La Société est donc frappée d'un double désordre : celui du marché et celui des luttes sociales. La pensée économique naîtra de cette nécessité d'élaborer les principes de cette nouvelle société marchéisée, d'en découvrir les mécanismes et d'en énoncer les lois d'équilibre, voire d'en justifier les injustices. Certes, au départ, le souci social et éthique est encore présent (chez les classiques comme chez Marx), d'où l'expression "d'Economie Politique", cependant, les fondements de l'organisation sociale ne sont plus religieux, philosophiques ou politiques mais économiques. Le scientisme ambiant colorera cette évolution de telle sorte que les lois économiques sont présentées comme indépendantes de la volonté humaine, sous l'aspect de lois scientifiques, au même titre que les lois physiques.

 

2 - Vision historique contre vision psychologique

Dans ce cadre, deux grandes visions s'opposent : une vision historiciste et une vision psychologiste

- Le matérialisme historique de Marx (socialisme scientifique) met en lumière les lois d'un évolutionnisme social qui permettrait de comprendre non seulement les mécanismes socio-économiques mais aussi les conditions des changements de sociétés (le fameux sens de l'histoire).

- La pensée classique (à l'origine du libéralisme) ramène la vie sociale à l'expression des instincts individuels nécessairement rationnels (calcul de l'utilité marginale) qui fait de la société un lieu de confrontation d'homo economicus, d'où naît l'équilibre général (la fameuse "main invisible"). 

Dans les deux cas, le moteur de toute société est économique et le sens de l'action humaine échappe aux choix éthiques ou politiques. Le "sens de l'histoire" ou "la main invisible" est un "mystère" qui s'impose aux hommes, un peu comme la volonté divine. Dans le premier cas, un "clergé éclairé" a accès à ce mystère et peut "guider" les masses, dans le second cas, le mystère est impénétrable, les résultats sont constatables a posteriori, chacun devant agir avec la conviction que l'équilibre général se réalisera quoi qu'il arrive. Que les élites des sociétés européennes à dominance catholique aient été attirées par le marxisme et que celles des sociétés à dominance protestante aient préféré le libéralisme n'est sans doute pas un hasard.

 

3 - "L'obscurantisme" mathématique

Parler Hébreux ou Latin (langue biblique ou du clergé) était synonyme de l'incommunicabilité avec un discours d'initiés. L'usage systématique du langage mathématique en économie relève souvent du même obscurantisme, où les remèdes miracles étayés par des équations "élégantes" font souvent penser aux citations pseudo latines des Diafoirus de Molière.

La recherche d'équilibres et de causalités universaux dans un domaine où le comptable apparaît comme l'indicateur du réel a poussé à poser des équations où la complexité du social devait être systématiquement simplifiée et neutralisée. L'équilibre de l'offre et la demande pour les uns (libéraux) ou la cohérence des flux pour les autres (keynésiens) s'obtient à condition que les acteurs deviennent des abstractions aux fonctions homogènes et aux réactions rationnelles, c’est-à-dire conditionnées (comme les réflexes du même nom).

D'où une formalisation de plus en plus sophistiquée mais aussi de plus en plus distante de la réalité (modélisme économique).

Le résultat n'est pas seulement un très grand irréalisme de la pensée économique moderne mais aussi et surtout le caractère magique du discours économique (parce qu'incompréhensible pour le vulgaire). Cette théologie devient d'ailleurs œcuménique, toutes les écoles pensant pouvoir au moins se retrouver dans l'universel mathématique. Ainsi les credo, à l'origine incompatibles, peuvent se retrouver dans un mysticisme mystificateur où, par exemple, une "politique de rigueur" est présentée comme le prélude à une "relance” !!!!

 

B - De l'autonomie à l'impérialisme

 

1 - La Terre, l'argent, le sabre et le goupillon

Dans les sociétés préindustrielles, les différents domaines de la vie sociale sont nettement séparés.

- La vie matérielle (ce qu'on appellerait aujourd'hui le domaine économique) est fondée sur la terre et a un caractère domestique.

- La vie publique est cantonnée dans l'activité guerrière (luttes seigneuriales et conflits monarchiques) pour la conquête de la terre et l'élargissement du territoire.

- La cohésion idéologique de l'ensemble est assurée par la religion, d'où l'impossibilité de concevoir des sociétés pluri-religieuses (rejet des musulmans, ostracisme anti-juifs et guerres de religions).

- Enfin, le monde de l'abstraction (de la spéculation) évolue autour de l'échange marchand et monétaire (valeur abstraite et rationalité comptable). Non lié à la terre et indépendant des valeurs sociales dominantes, ce monde est hors de l'ordre social (autonomie des villes) et même jugé dangereux pour cet ordre (la banque est interdite aux Catholiques, d'où la tradition du banquier juif). Que la "spéculation" scientifique soit contemporaine de la domination de la bourgeoisie n'est donc pas un hasard de l'Histoire.

 

2 - Un couple cohésif : l'Industrie et l'Etat

La double abstraction financière et scientifique a, dans un premier temps, despiritualisé la société : fin du primat religieux ou éthique et domination de la sphère matérielle. La science se met au service de la technique et l'argent au service de l'industrie : c'est la société industrielle. La production qui jusqu'alors suivait le rythme naturel de la "reproduction" agricole devient volontariste et croissante. Il faut donc que la destruction soit aussi croissante (pour éviter la surproduction). L'économie n'est plus domestique, mais englobe la société dans sa totalité, elle est donc publique, donc politique.

Le couple Industrie-Etat sera le moteur de cette formidable machine à produire des richesses matérielles, où l'industrie produit sous les commandes de l'Etat (infrastructures, tel le chemin de fer) ou en compensation des destructions guerrières.

C'est l'affirmation de l'autorité étatique fédérale, par la guerre de Sécession et l'isolationnisme, qui permit à l'industrie américaine de s'affirmer. L'industrialisation française démarra sous Napoléon III. L'Allemagne et le Japon démarrèrent dans le cadre d'un capitalisme d'Etat. L'Italie et l'Espagne se moderniseront économiquement sous des régimes autoritaires ; la Russie sortit de son archaïsme par un étatisme, dont la dénomination socialiste ne fut qu'un artifice vide de sens. Par ailleurs les guerres (y compris froide) du XX ème siècle ont joué un rôle déterminant dans les relances de la croissance. Enfin, l'interventionnisme keynésien soutiendra les fameuses Trente Glorieuses où l'hyper consommation se substituera à la guerre comme instrument de destruction. Le fameux Etat Providence étant le passage de l'Etat, non pas gendarme mais guerrier, à l'Etat régulateur et dépensier.

 

3 - La spéculation intellectuelle et financière : l'économisme

Les limites de la surconsommation comme stimulant à la production et l'impossibilité de la guerre, eu égard à la nature de l'armement moderne, expliquent peut-être bien à la fois la fameuse crise actuelle et le retour à la spéculation abstraite : immatérialité des nouvelles techniques et spéculation financière. Le désengagement de l'Etat, voire sa désuétude, ainsi que la domination de la sphère financière sur l'industrie en sont des manifestations facilement observables. Mais aussi la désaffection du politique et le retour du religieux, de l'irrationnel, du domestique (clanisme, corporatisme, ethnisme, communautarisme…).

C'est dans ce cadre que le discours économique semble de plus en plus détaché du réel. Il n’apparaît plus, dans le meilleur des cas, que comme un jeu de l'esprit où les combinaisons mathématiques l'emportent sur l'observation concrète, ou, dans le pire des cas, comme un discours théologique, voire magique. Les mots n'ont plus de rigueur conceptuelle et les enchaînements explicatifs relèvent de la foi du charbonnier ou du pari ("la baisse des revenus et des dépenses publiques relanceront l'activité", par exemple).

 

II Quelques manifestations de la mythologie économiste

 

Avant de pointer quelques aspects du discours économiste, il semble indispensable d'énoncer quelques principes de précaution. Dénoncer les dérives d'une science (même imparfaite) risque de faire jeter le bébé avec l'eau du bain. On renforcerait l'irrationnel vis-à-vis des phénomènes socio-économiques, si on refusait toute pertinence à la pensée économique, tout en flattant une sorte de poujadisme anti-intellectuel refusant toute réflexion un peu sophistiquée comme entachée d'irréalisme et de charlatanisme. Se prémunir de l'impérialisme de l'économisme et le soumettre à des finalités sociales et éthiques ne doit pas conduire à nier qu'il y a des mécanismes propres à l'économie qu'il faut connaître et dont il faut tenir compte. Exercer un esprit critique ne doit pas être confondu avec le négativisme.

Il n'est évidemment pas possible d'évoquer tous les aspects qui révèlent les "perversions" de l'économisme, on se contentera donc de visiter quelques grands mythes mystificateurs véhiculés aujourd'hui par les discours économiques officiels.

 

                  A - le mythe de la "crise"

On est là devant la manifestation la plus spectaculaire d'un discours magique : d'une part, la cause est prise pour la conséquence et la cause est générique et indéterminée. Le sens logique de la causalité serait de détecter le symptôme puis d'en énoncer la nature du mal. Ainsi : "il y a du chômage donc il y a une crise de l'emploi, les prix haussent avec excès, donc il y a crise d'inflation, il y a baisse sensible et durable de la production donc il y a crise de récession" etc… Au contraire, aujourd'hui à chaque constatation d'un dysfonctionnement, on conclut : "c'est parce qu'on est en crise". Un peu comme un médecin, qui constatant que vous avez mal à l'estomac, en conclut c'est parce que vous êtes… malade. Observant par ailleurs que vous êtes un peu empâté et poussif, il vous conseille des séances de remise en forme musculaire pour redevenir sain et vigoureux : un homme sain et vigoureux n'étant pas un malade ne peut plus avoir mal à l'estomac. Traduisons : une économie en équilibre financier et compétitive ne peut pas avoir de chômage.

Cette attitude a un double effet :

- Un effet passif. Caractériser aussi génériquement le mal conduit à ne pas l'examiner cliniquement et à reporter la thérapie sur la santé globale de l'économie.

  Ainsi, dans l'optique keynésienne, toute crise étant une baisse ou une réduction de l'activité et celle-ci étant stimulée par la demande, il suffit de relancer la demande pour remettre l'économie générale en bonne santé et donc éradiquer le mal. C'est ce qui fut tenté jusqu'au début des années quatre-vingt par exemple. Comme on ne relance pas une économie qui n'est pas en panne (il n'y avait ni récession, ni insuffisance de la demande), l'effet fut évidemment nul.

  Plutôt que d'en conclure que le mal ne devait peut-être rien à la santé globale de l'économie, on fit appel aux médecins concurrents, qui déclarèrent aussi qu'il y avait bien mauvaise santé globale mais non pas à cause de la demande mais à cause de l'inflation. On lutta donc contre l'inflation. Le résultat fut tout aussi nul.

  - Un effet actif. Là non plus, on n'en tira pas les conséquences évidentes. Au contraire, on insista dans la même voie, mais cette fois les effets (voulus ou non) ne sont pas seulement nuls, ils conduisent à une modification profonde des règles du jeu économique et social. Au nom d'équilibres financiers et d'orthodoxie marchande on détruit tout l'appareillage régulateur économique et social qui s'était mis en place depuis la dernière guerre. La lutte contre le chômage devient alors un prétexte que les explications floues et fantaisistes arrivent tout juste à camoufler.

Par ailleurs, le discours mélange avec une absence totale de cohérence les concepts, les mobiles et les instruments venus de théories contradictoires, ce qui rend les liens de causalité tout à fait obscurs et incantatoires.

 

B - Le mythe de l'entreprise

L'entreprise n'est ni plus essentielle ni plus exemplaire qu'auparavant. Bien au contraire, l'évolution récente diversifie considérablement la nature des unités de production, ce qui rend flou le concept même d'entreprise. D'autre part, la tertiarisation et la collectivisation des services modifient singulièrement le fameux esprit d'entreprise qui s'était développé dans le cadre industriel.

Cette mythification de l'entreprise a un triple effet (voulu ou induit) :

- Survaloriser le marché, symbolisé par l'entreprise, au détriment de la notion de service public, préparant psychologiquement le passage des services d'intérêt général entre les mains des grands groupes privés

- Justifier et stimuler l'externalisation et la sous-traitance qui allègent les coûts des grandes entreprises et les libèrent de la gestion d'une partie importante de la main d'œuvre et des responsabilités sociales qui en découlent.

- Diluer les responsabilités macro économiques : c'est particulièrement vrai dans le domaine de l'emploi vis-à-vis des PME. Affirmer urbi et orbi que ce sont les PME qui sont créatrices d'emplois apparaît comme flatteur mais se retournera inévitablement contre elles, en en faisant des boucs émissaires. Ainsi, aucun responsable ne proteste contre les licenciements massifs opérés par les grands groupes mais on entend de plus en plus que les PME ne rempliraient pas vraiment leur rôle en ne créant pas suffisamment d'emplois… comme si elles étaient capables de faire des miracles.

 

La "prolétarisation" des PME

En réalité, la montée en puissance des PME (plus de la moitié de la VA nationale est fournie par elles) modifie sournoisement les rapports sociaux de production. Les grandes sociétés sont passées, pour une très grande part de leur activité, du contrat de travail (avec ses règles, ses contraintes et contrepoids) au contrat commercial qui les libère de toute contrainte et les assure non seulement de la paix sociale mais même d'une collaboration de fait des PME elles-mêmes dans leur propre "exploitation" par le biais de la concurrence qu'elles se font entre elles pour décrocher les contrats.

Les rapports tendus (comme les flux du même nom) entre les grands groupes multinationaux et certaines PME poussent ces dernières à une concurrence acharnée soit en termes de coûts soit en termes d'innovations accélérées. Ce qui aboutit nécessairement à la contraction de la rémunération du travail (pour baisser les prix ou accroître les fonds propres) et la réduction des prélèvements obligatoires. Ce dumping social et ce jeûne fiscal réduit d'autant les débouchés des autres PME liées à la consommation intérieure et aux commandes publiques.

Où l'on voit que la désalarisation ne supprime pas l'exploitation du travail mais la transfère sur les PME qui, par ailleurs, ne sont pas "prédestinées" à s'organiser collectivement pour faire contrepoids à la domination des grands groupes industriels et financiers.

 

             C - La valse des concepts

Comme toute discipline scientifique l'économie a mis sur pied un certain nombre de concepts censés définir la réalité observée. Or depuis quelques années leur utilisation perd toute précision ou modifie singulièrement la nature du phénomène ainsi nommé.

On ne peut s'étendre trop sur toutes les déviances sémantiques, mais on peut, très succinctement en évoquer quelques unes.

Investissement, confondu désormais avec tout placement financier (la spéculation boursière ou une OPA sont assimilées), ce qui, bien sûr retire toute pertinence à l'effet escompté et brouille l'observation et la réflexion. On pourrait ajouter le tour de passe-passe qui nomme improductif (donc parasite), un investissement public sans objectif de profit et productif (donc positif) un investissement privé et à finalité de profit, quelles qu'en soient la vraie nature et l'utilité.

Charges, utilisées à la place de "transferts", ce qui fait oublier qu'il ne s'agit pas d'impôts supplémentaires pesant sur l'entreprise, mais d'une part du salaire retenue à la source et que leur diminution n'est donc rien d'autre qu'une baisse des salaires et la rupture du contrat social passé, il y a cinquante ans entre les salariés, les patrons et les caisses de SS.

Compétitivité, dont on fait un instrument d'expansion, alors qu'il est nécessairement un jeu à somme nulle, dont le seul effet est une course-poursuite au dumping social

Marché de… l'emploi!!!…, où les notions d'offre et de demande sont inversées, entretenant le mythe de la création d'emplois par les entreprises, alors qu'il s'agit de leur besoin de travail, qui ne peut être que déterminé par le niveau de leur production....

On ne peut aller plus avant, chaque cas méritant de très longs développements spécifiques.

Détaché de toute finalité sociale, politique ou éthique, l'économisme pense répondre aux problèmes de notre temps par des régulations mécanistes. Avatar d'un scientisme matérialiste qui considèrerait, entre autres, que les douleurs de l'âme sont affaire de viscères sains et de métabolisme équilibré. Que, malgré les médications savantes de nos Diafoirus, le corps social se porte de plus en plus mal, ne fait que les conforter dans l'idée que le malade est encore pollué par les archaïsmes de la morale ou des utopies politiques. A l'esprit citoyen de rétablir la hiérarchie des valeurs, qui ne peuvent pas être seulement marchandes et de réaffirmer que si un corps social obéit à des lois, elles ne sont ni divines ni naturelles mais humaines, expression de choix volontaires ; la rationalité n'étant là que pour déterminer les limites du choix, non les finalités.

 Jean-Claude COIFFET                                                                                                                                                                                                                                                               


                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                        

 

 

 

 

Rédigé par JC COIFFET